lundi 24 septembre 2007

R.I.P. ( ce texte date du 3 septembre 2006 et ce sera sans doute la seule fois ou je parlerai d'elle car tout y est...)

Aujourd'hui j'ai décidé de m'y remettre... Je n'ai jamais prétendu avoir une âme d'écrivain, je me dis juste que je pourrais permettre aux autres de savoir ce qu'il se passe dans la famille, sans aucune prétention. Bien sur ce que j'écris tournera autour de moi puisque si j'écris ceci c'est pour le bonheur de ma fille Joey qui a aujourd'hui deux ans et demi.

Vous vous imaginez si je devais écrire toute ma vie ! A quel moment peut on prétendre avoir la maturité suffisante pour pouvoir porter sur sa vie un œil objectif...
Alors nous allons y aller doucement, peut être que nos enfants ou nos petits enfants liront ça comme un livre d'histoire !!

Hier soir je ne sais pas pourquoi, j'ai abordé avec toi, l'histoire de ma mère. Tu es jeune pour comprendre tout ça, mais bizarrement du haut de tes 2 ans, j'ai eu l'impression que tu comprenais, que tu avais compris qu'il manquait quelqu'un dans ma vie et par conséquent dans la tienne.

Je t'ai dit que ta grand-mère était partie au ciel, comme la maman de Bambi que tu regardes beaucoup en ce moment. Alors nous avons regardé toutes les deux les photos qui étaient au mur, là juste derrière la porte du salon de notre petit appartement de T..., une photo de mariage jaunie par les années. Tu as compris que c'était un jour heureux car tu m'as dit sans que je ne parle de quoique ce soit que papy et mamie faisaient la fête. Et là comme pour créer le lien de famille, tu as voulu regarder une photo de toi et moi prise l'année dernière, et nous avons fait l'aller retour plusieurs fois entre ces deux photos. J'ai eu envie de pleurer, ça faisait longtemps que je n'avais pas eu envie de pleurer du manque de ma mère. La réflexion des enfants est fascinante et mystérieuse...

Ma fille, Je voudrais te prévenir, te fortifier contre les embuches que tu vas rencontrer dans ta vie de femme... Etre une femme c'est extraordinaire. La vie est riche de sensation et de sentiment, on vit on vibre et ça c'est le plus important.

Si je devais commencer quelque part, je commencerai par le décès de ma mère, c'est par là que ma vie a changer...

Mamounette,
Ma vie avec toi aurait sans doute été différente, je n'aurais pas rencontré les mêmes personnes. Lorsque tu es partie sur le coup je n'ai pas réalisé tout ce que cela allait engendrer dans ma vie. J'avais 16 ans et tu avais encore tant de choses à m'apprendre, le vide que tu as laissé derrière toi a été difficile à surmonter pour toute la famille, mais pour moi et d'une certaine manière ça a provoqué chez moi un éveil, je n'en saisi pas encore le sens, parce que ma vie n'est pas encore terminée.

J'ai besoin de toi dans mon rôle de mère et dans mon rôle de femme. Le lien qui lie une mère et son enfant est au dela de la frontière de la vie, je te porte en moi, mais malgré tout la solitude est présente. Ton mari a démissionné tu sais, il a du se dire qu'une fois ses filles adultes il n'avait plus de rôle à jouer... parfois je me sens abandonnée, bien sûr il y a Joey, mais je me sens encore comme une enfant, malgré moi je me suis entourée d'une espèce de carapace d'apparence. Les autres me pensent forte et décidée mais j'ai souvent cette impression de ne pas savoir ou je vais, tu n'a pas eu le temps de me donner toutes les clés... j'ai vécu des choses pas terribles parce que j'ai fait des choix seule.

Je sais que tu ne m'aurais pas dictée ma vie, mais avec tes conseils aurai-je fait les mêmes erreurs avec ton amour aurai-je eu la même quête, je voudrais parfois avoir ta vie, même si je m'en souviens avec mes yeux d'enfant et d'adolescente, tu avais l'air solide, bien dans ta vie de mère, ton homme t'as soutenu...

Tu me manque. Ca faisait longtemps que je n'avais pas pleuré en pensant à toi ! Tu es partie trop vite maman, je souhaiterai parfois que tu revienne pour me serrer dans tes bras et me dire que tout ira bien, que tout ira mieux. Je me rend compte que l'on est parent à vie, qu'il faut armer les enfants face à la vie et ses surprises et moi je n'étais pas armée je n'étais par prête pour tout ça.
J'ai plus envie maman, plus envie de vivre tout ça parfois. J'étais pourtant si sure de moi il y a encore quelque temps mais là j'ai du mal, je me croyais à l'abri des baisses de moral, à l'abri des coups de blues et des coups de cœur, des coups tout court... mais c'est faux, la vie m'a bousculé, chahuté, m'a blessé a mis à l'épreuve ma joie de vivre... elle m'a meurtri et parfois je me dis que c'est de ma faute, je croyais que c'était facile parce que tu m'as toujours laissé croire que ça l'était... Je pense souvent que a part l'arrivée de Joey, la vie m'a fait souffrir à partir de mes 16 ans, le jour ou tu m'as laissé. Tu as combattu la mort, et moi je me bât contre la vie, contre les gens. Tu n'étais plus assez forte face à ton adversaire malgré ton courage et moi je ne sais pas si je suis de taille... Ma Sista et papa sont partis tu sais, ils ne sont pas seuls, je pense à me retourner vers eux parce que toute seule je n'ai plus la force... bizarrement depuis que j'ai ma fille je me dis que mes choix son décisifs pour ma vie, je me sens tellement fragile en ce moment, vulnérable, j'ai pas le droit d'être comme ça pour elle, pour toi et pour moi. Les autres ne m'épargneront pas, je le sais ; instinctivement les gens profitent des gens faibles. A part une mère personne ne peut protéger, et là je ne peux compter que sur moi, sur personne d'autre et ça fatigue tu sais.

Je t'aime maman. Le destin n'est pas écrit il est comme on le fait, alors ça veut dire que je suis seule responsable de tout ça, en prendre conscience ça fait mal...

Je sais que je ne te l'ai pas souvent dit comme si le fait de te le dire t'avait retenu auprès de moi encore un peu en pure égoiste mais je te le dis, je t'aime et j'ai oublié que je devais te faire honneur, pour tout ça, pour m'avoir toujours montré l'exemple d'une femme forte moralement, je te le devais et je me suis perdue en continuant pourtant de le revendiquer tu n'as pas du être fière de moi, et là je me rend compte... je te le devais, pardon... pardonnes moi de ne pas avoir été à la hauteur. Je n'ai pas été capable de produire le bonheur familiale que tu avais créer avec autant de facilité, en apparence au moins... Je ne faillirai plus et le bonheur Jo elle y a le droit, je ferai tout pour ça, je te promets maman...

Je remettrai de l'ordre dans ma vie c'est clair ! la vie de femme est difficile tu sais.. mais oui tu le sais !

1 com's:

vlou a dit…

Tout simplement magnifique... tu sais ce que j'en pense... je pleure encore après avoir lu ce texte, comme la première fois...