Est venu le temps pour moi de mettre des mots sur ce qui a brisé mes rêves de princesse, faire face a ses peurs c’est en faire le deuil. Il ne sert a rien de nier notre passé car cela le rend actuel.
Cela sera moins drôle que les autres nouvelles mais cela fait parti de ma vie et il est temps…
J’ai une tendance à penser que chaque personne est maître de son existence, que l’avenir ne dépend que de nous. Donc je me tiens pour seul et unique responsable de ce qui m’arrive que ce soit bon ou mauvais. Nous avons en nous la volonté de changer ou non les choses et j’ai pour habitude de me déclarer seule fautive des situations désastreuses dans lesquelles je me trouve. Je suis adulte et je suis seule capable de faire en sorte, que les choses arrivent ou pas. Donc je suis responsable.
C’est une forme de culpabilité selon vous ? Ou plutôt une façon de se responsabiliser et d’assumer ? Pour moi le « ce n’est pas de ta faute » n’est pas acceptable. Je ne crois ni au hasard ni au destin, cette forme de fatalité est une façon pour moi de subir la vie.
Et pourtant parfois j’ai l’impression de subir. Si on suit mon raisonnement cela voudrait signifier que je subis des situations que moi-même je provoque !
Oui ok permission de prendre un Doliprane
Pourquoi préférons nous continuer parfois de subir quelque chose qui nous est douloureux alors qu’on a la solution pour s’en défaire définitivement ? Jusqu’ou peut nous pousser notre tolérance à la souffrance par peur de ce que pourrais impliquer le changement ?
Peur du bonheur peut être ? De l’inconnu ?
Pour exemple, vous êtes vous-même dans une situation douloureuse, si quelqu’un venait a vous raconter le même genre d’histoire, la solution raisonnable de mettre un terme a ça vous vient naturellement… Alors quoi ? Masochisme ? Lâcheté ?
Il arrive pourtant un moment ou la souffrance a assez duré, c’est ce que je vis actuellement…
Il y a 9 ans de ça, j’ai rencontré un homme, à 20 ans on est tout neuf, prêt a tout donner, on y croit ! Je n’ai jamais parlé de lui, parce que malgré tout il n’est pas important, même si ce que je suis aujourd’hui est de sa faute. Avec en prime une volonté farouche de vouloir oublier.
Les premiers mois, c’était le bonheur, je trouvais que cet homme était un vrai male, un homme mure. Séduisant, charismatique, il était impulsif dans le verbe mais je le pensais pondéré, je n’y connaissais rien et j’étais sure d’avoir trouvé le bon. J’étais prête à tout pour lui, a donner de moi.
Et puis il y a eu ce 1er novembre 1998, après une fête chez mon père ou je vivais. Je me lève et comme à l’accoutumer j’enchaîne le ménage. J’aime ces moments de calme retrouvé, ma sœur doit venir plus tard avec son homme et des amis, pas de soucis… J’avance déjà ce que je peux, tranquillement.
Lui n’est pas de cet avis, je n’ai pas à faire ça seule, je prends ça pour une marque d’affection, je trouve ça mignon !
Il s’énerve un peu sur le retard des autres, intolérable pour lui. Il monte, j’entends un fracas, je monte persuadée que quelque chose est tombé, je reste devant la porte de la chambre et c’est en fait sa chaîne Hi fi qui a volé ! Je ne comprends pas trop la réaction excessive, mais il ne me donnera pas le loisir de comprendre… Il prend appui sur le chambranle de la porte de ma chambre et m’écrase la cuisse avec son pied ! Comme il aurait corrigé un chien qui aurait fait une bêtise Je n’ai rien vu venir, je me sauve en bas. Ma cuisse me fait souffrir, mais il y a une douleur encore plus vive, qui coupe le souffle, meurtri le cœur, mon âme, je pars en miette… Il descend et me demande d’appeler ma sœur, je refuse et pour réponse j’ai juste le temps de voir qu’il a lancé quelque chose, j’esquive… C’est mon téléphone portable qui s’éclate sur le mur.
Je ne sais plus quoi faire, que penser. Machinalement je ramasse mon téléphone que j’essaye de ressusciter, on fait des choses bêtes dans ces circonstances, comme si on se cherchait une contenance. Je fais intérieurement le même travail avec mon esprit que pour le portable, je me rassemble. On m’a toujours dit qu’il fallait fuir le jour de la première main levée, mais là c’est un pieds (ok c’est un détail mais c’est ce détail qui va faire que je ne le quitterai pas, pas ce jour là) je sais qu’il faut le quitter il ne mérite que ça.
Ma sœur arrive avec ses potes, le trouble est comblé, j’essaye de donner le change et ça marche ! Je n’en suis pas fière mais je n’ai pas envie d’en parler, la honte commence !
Le soir on parle, il est calmé, penaud ! Je n’aurais pas du écouter et entendre ses excuses, son mal être, ses promesses de ne jamais refaire ça, de faire en sorte de se contenir ! je n’aurai pas du compatir, mais il a un avantage sur moi, je l’aime ! Le jeu victime/bourreau est lancé.
En parler, poser des mots sur ces souvenirs, m’oblige à admettre que ça a existé ! Je n’aime pas ce que je ressens. Ma responsabilité dans cette affaire est démontrée ! Et si !
J’aurai pu le quitter…
Ecrit le 23 janvier 2008